La “trich”, les aliments et les soins dermatologiques
de John R. Kender et Michael J. Grant
Dans cette lettre, nous mettrons en évidence quelques observations à propos de plusieurs procédés simples à exécuter chez soi et qui ont prouvé leur efficacité auprès de bon nombre d’arracheurs de cheveux et de poils. Ces procédés font intervenir plusieurs aliments et soins dermatologiques. Nous nous doutons que pour de nombreuses personnes, le fait de s’arracher les cheveux/poils est aggravé par une composante biologique que ces procédés vont tenter d’adresser. Vous trouverez à la fin du texte une liste d’adresses postales et électroniques auprès desquelles vous pourrez vous procurer de plus amples renseignements sur nos idées et les procédés mentionnés ci-après.
1)
Qui
sommes-nous et ce qu’avons-nous accompli ?
Nous nous présentons : John est un professeur d’université qui s’est arraché les sourcils pendant trente ans, mais il connaît un répit depuis plus de sept ans qu’il attribue à un certain régime alimentaire. Depuis quatre ans, John est responsable du programme de remailer, un échange privé de courrier électronique à propos de la trichotillomanie, auquel participent et souscrivent plus de quatre cents personnes. John a parlé, lors de deux séminaires TLC, de ses recherches en matière alimentaire et les effets sur la “trich”.
Quant à Mike, il est le père d’une “arracheuse de cheveux/poils”. Mike et sa fille, Terri, ont essayé plusieurs approches dermatologiques et capillaires au problème de la trichotillomanie. Mike est à l’origine d’un groupe de soutien pour les parents d’enfants souffrant de ce dysfonctionnement du système pileux et y contribue activement par moyen de l’Internet. Mike a participé à plusieurs séminaires TLC où il a fait la démonstration de ces procédés de soins capillaires sur différents volontaires, uniquement à base de préparations sans ordonnance.
A nous deux, et après une douzaine d’années de recherche, nous avons pu constater que pour de nombreuses personnes souffrant de la trichotillomanie, leur condition est directement affectée par l’alimentation et un certain état dermatologique. Grâce aux témoignages d’autres “arracheurs de cheveux” recueillis sur l’Internet, que nous combinons à nos propres conclusions, nous sommes convaincus que pour beaucoup de personnes il est possible d’atteindre un niveau considérable de répit et de contrôle en respectant certaines mesures simples en matières d’alimentation et de soins dermatologiques. Bien que nos observations n’ont encore aucun fondement médical et que notre approche quant aux origines biologiques restent encore à prouver, en quatre ans, nous avons rassemblé un nombre encourageant de rapports de personnes ayant observé une amélioration significative.
Nous n’essayons pas de vendre quelque chose – il n’y a vraiment rien à vendre – et nous sommes conscients que nos recherches ne s’appliquent pas à toutes les formes de trichotillomanie. Toutefois, nous les mettons à la disposition des lecteurs de InTouch [le magazine du Trichotillomania Learning Center (TLC)] qui peuvent les essayer à leur guise. Nous vous rendons attentifs au fait que nous ne sommes pas médecins et que toute personne susceptible de mettre ces procédés en pratique devrait auparavant en discuter avec leur médecin consultant.
Nous commencerons avec la description de plusieurs méthodes alimentaires, puis des procédés dermatologiques et capillaires, ensuite nous avancerons une explication sur la manière dont ces deux approches apparemment sans lien peuvent s’attaquer toutes deux à une cause biologique commune. Si quelqu’un souhaite obtenir de plus amples renseignements, nous listons nos coordonnées plus loin.
2)
Alimentation
et TTM (John écrit)
Il y a sept ans, grâce à une prise de notes attentive de ce que je mangeais, j’ai remarqué que certains aliments avaient tendance à accroître mes envies dépilatoires. En évitant ces aliments, ce fut le début de ma rémission de sept ans : plus d’impulsions et plus de manie dépilatoire. De nombreuses expérimentations, même avec mon chien qui a un problème compulsif de léchage de patte, ont confirmé que certains aliments étaient “mauvais”, à savoir qu’ils accroissaient la manie dépilatoire et quelques fois même la sensation de démangeaison “ce poil n’est pas à sa place”.
Il y a quatre ans, j’ai soumis un article à In Touch sur ces expérimentations. Depuis lors, la liste des aliments “bons” et “mauvais” ainsi que d’autres techniques ayant rapport à l’alimentation, en partie constituée grâce à des rapports imprimés et électroniques d’autres “arracheurs de cheveux/poils”, a pu être retravaillée et il y a désormais une meilleure compréhension des points forts et des faiblesses de cette approche. Depuis l’été 1999, plus de cent personnes, y compris une douzaine d’enfants et d’adolescents, de même que des chiens, ont rapporté ou sont dits avoir obtenu un bien-être considérable, voire même une rémission totale, sur des périodes allant d’une semaine à plusieurs années, grâce à l’emploi d’une ou plusieurs de ces techniques. Plus de deux douzaines des ces pullers (“arracheurs de cheveux/poils”) rapportent un mieux-être allant de deux mois à trois ans. Par ailleurs, le nombre de personnes ayant constaté une aggravation des impulsions et de la manie dépilatoire, après avoir mangé des aliments classés dans la catégorie “mauvaise”, est tellement important (de l’ordre de plusieurs centaines) que j’ai arrêté de recenser le nombre de cas, même électroniquement. D’autre part, nous avons reçu plusieurs comptes-rendus sur des tentatives de contrôler la prise alimentaire ayant échoué, la plupart semblant provenir d’arracheurs de cils.
Selon plusieurs sondages effectués à partir des participants au TTM remailer, nous avons pu réunir les informations suivantes. Près de la moitié des “arracheurs de cheveux/poils” ressentent une vive manie dépilatoire au contact d’une ou plusieurs des substances suivantes : sucre, caféine, cola et/ou chocolat, jaunes d’oeufs, légumineux (surtout les cacahouètes), ou poissons gras (surtout le thon). Précédé d’abord par un sentiment d’agitation, les impulsions dépilatoires augmentent quelques heures après l’ingestion de sucre ou de caféine, ou après un ou deux jours après l’ingestion des autres aliments. Les impulsions aiguës atteignent leur apogée généralement en deux fois ces lapses de temps. Souvent, ces impulsions, surtout celles imputables au jaune d’oeuf et aux légumineux, prennent jusqu’à une semaine pour revenir à leur niveau habituel. Bien que le stress soit un facteur aggravant de la manie dépilatoire liée à l’alimentation, ce n’est pas non plus un facteur indispensable car, après l’assimilation de “mauvais” aliments, des personnes rapportent qu’elles s’arrachent les cheveux/poils en dépit de leur état mental du moment.
Les sondages indiquent, cependant, que les “arracheurs de cheveux/poils”, que ce soit sur le cuir chevelu ou le corps, diffèrent des “arracheurs de cils et/ou sourcils”. Les“arracheuses de cheveux/poils” semblent être sensibles à la qualité de leur alimentation dans la mesure où leur manie dépilatoire s’aggrave pendant le syndrome prémenstruel – qui se traduit par un sentiment de dépression accru – et jusqu’au point où elles entrent en trance pendant leur crise dépilatoire. Quant aux “arracheuses de cils et/ou sourcils”, elles semblent moins sujettes à la qualité de leur alimentation et plus appliquée dans leur manie dépilatoire. Leur syndrome prémenstruel se traduit plutôt par de l’irritation et leur manie dépilatoire est plus méthodique, avec une tendance à être influencée par l’ingestion des produits laitiers enrichis en vitamine D. Mais en général, ces deux genres d’arracheurs semblent être plus susceptibles que la moyenne de contracter des allergies, d’avoir des envies de douceurs et, plus inattendu, d’avoir une longue expérience d’animaux domestiques à poils longs. Plus surprenant est que les sondages indiquent que les pullers ont tendance à avoir un nombre anormalement élevé de chiens et chats qui souffrent de la trichotillomanie.
Si une personne est intéressée à tester l’influence de l’alimentation sur sa manie dépilatoire, le procédé est simple : elle devrait manger autant de M&Ms à la cacahouète d’un coup que possible (Sucre! Chocolat! Légumineux!) et faire descendre le tout avec du Coca-Cola (Cola! Caféine! Encore plus de sucre! ou de l’aspartame, ce qui n’est pas mieux!). Si dans deux jours il y a une aggravation notable des impulsions dépilatoires, alors elle devrait considérer l’élimination de ces aliments. Malheureusement, il semblerait qu’il faille trente (30) à quarante (40) jours pour éliminer complètement les effets néfastes du système digestif et dermatologique, et il semblerait également qu’il faille plusieurs tentatives et près d’une année d’efforts avant d’atteindre un niveau de stabilisation. On nous rapporte que le fait d’éliminer, en premier, le sucre et la caféine, qui agissent plus rapidement, est plus gratifiant.
La liste des “mauvais” aliments susmentionnés reflète les pires expériences recensées; la liste complète est disponible par demande écrite (c’est une longue histoire qui ne vaut pas la peine d’être expliquée ici). Elle comprend, parmi d’autres, les sucres naturels concentrés, les graines de tomate, les produits à base de soja, les patates douces, le monosodium glutamate et l’ibuprofen. Toutefois, il existe quelques “bons” aliments qui annulent les “mauvais”, tels que l’ail, la plupart des fruits acides, les vins rouges secs, le yaourt naturel non sucré et la famille de produits chimiques appelés “gluconates”.
De plus, certains produits pour les cheveux et certaines crèmes pour la peau contiennent des produits chimiques qui s’assimilent aux composantes que l’on retrouve dans les “mauvais” aliments. Les pullers sensibles à la qualité de leur alimentation rapportent que les produits après-shampooing contenant de l’alcohol stéarique ou d’autres alcohols gras devraient être évités. Par ailleurs, on nous rapporte qu’il existe quelques “bonnes” composantes chimiques, que l’on trouve dans les aliments, dont quelques acides de fruits (“alpha-hydroxy”), qui peuvent être appliquées sur la peau et les cheveux contre les démangeaisons; de même qu’un produit de rinçage “maison” pour les cheveux à partir d’acides acétiques et boriques (en bref du vinaigre dilué et de la solution saline pour les yeux). Nous avons développé une théorie que nous exposons ci-après, qui explique le lien entre les composantes chimiques et les aliments de ces deux groupes.
3) Soins capillaires et dermatologiques et la TTM (Mike écrit)
Mon intérêt pour la relation entre certains types de conditions capillaires et la trichotillomanie a commencé il y a plus de cinq ans et provient directement de ce que ma fille, Terri, a dû traverser. Au moment où la trichotillomanie de Terri a été diagnostiquée, Terri était déjà sous traitement dermatologique. On pensait qu’elle souffrait d’une calvitie spontanée due à une alopecia areata ainsi qu’à une inflammation du cuir chevelu qui provoquerait des blessures qu’elle toucherait inévitablement sous la démangeaison. On pensait que la condition du cuir chevelu de Terri était une conséquence médicale de son désordre d’impulsion primaire de contrôle. Dans les années qui ont suivi, grâce à l’histoire de Terri et ma participation à la communauté d’enfants et adultes souffrant de TTM, j’ai découvert un groupe d’“arracheurs de cheveux/poils” qui présentaient les mêmes symptômes que ma fille. Avec le temps et l’observation, j’ai remarqué que dans plusieurs cas les affections capillaires précèdent, et non suivent, la manie dépilatoire. La manie dépilatoire semble être déclenchée par le processus d’inflammation, un peu comme la manie que la plupart d’entre nous avons de nous gratter en réponse à une piqûre de moustique, au contact de plantes vénéneuses ou en présence de mycoses du pied. Je pense qu’il est peut-être possible, dans quelques cas, de réduire ou d’éliminer le comportement dépilatoire en diminuant le déclencheur inflammatoire.
L’occasion s’est présentée quand Terri a consenti à ce qu’on lui rase les cheveux pour des raisons médicales afin d’aider à élucider ses problèmes capillaires. Son impulsion de vouloir s’arracher les cheveux a disparu presque aussitôt, une observation confirmée par les médecins qui la soignaient. L’explication conventionnelle repose sur le fait qu’un important déclencheur a été éliminé et que le caractère auto-validateur du comportement dépilatoire a été inhibé. Mais la théorie conventionnelle n’explique pas la soudaineté avec laquelle l’impulsion semble avoir disparu, ni le résultat expérimental de soulagement qui n’est ressenti que quand le crâne est rasé et non quant les cheveux sont tondus d’aussi près grâce à des ciseaux chirurgicaux. En même temps, la coupe au rasoir semblait soulager l’inflammation, alors que les ciseaux exacerbaient sensiblement les rougeurs et le sentiment de démangeaison.
Après la lecture de l’extrait que John a envoyé aux participants du remailer, qui décrit le protocole à suivre pour le traitement d’une affection inflammatoire spécifique liée à une cause biologique, j’ai noté qu’il y avait des similitudes entre le traitement de l’article et celui que Terri recevait. Les soins dispensés dans l’article préconisait de “tremper” la tête avec de la mousse savoneuse sous des linges saturés d’eau chaude. C’était l’exact préparation qu’on utilisait avant le rasage. Comme expérimentation, nous avons essayé le trempage sans le rasage et Terri a ressenti pratiquement le même degré de soulagement que si son crâne avait été rasé et ça a également allégé la condition inflammatoire de son cuir chevelu. Ceci semble prouvé que le rasage-même n’est pas ce qui procure un soulagement – les ciseaux le faisait sans grands effets – mais cela réside plutôt dans la préparation au rasage. Nous avons également remarqué qu’une légère exposition au soleil aidait; en fait un coup-de-soleil accidentel a procuré près de quatre jours de soulagement sans démangeaisons.
En admettant que nous avions à faire à une affection de la peau, un dermatologue ouvert aux nouvelles idées a prescrit le shampooing anti-fongique Nizoral, alors uniquement disponible sur ordonnance. Sur la base de l’article, nous avons substitué le savon Cuticura, qui ressemble au savon liquide du coiffeur, mais qui contient également un antiseptique. Avec le temps, nous avons découvert que le régime optimal consistait en l’alternance quotidienne du Cuticura et du Nizoral. Il semblerait que les deux produits se complètent très bien. Cuticura est antibactériel et Nizoral est anti-fongique. Cuticura est un savon doux mais il laisse un résidu qui peut s’épaissir. Nizoral est un détergent qui élimine ce résidu et évite toute accumulation ultérieur.
D’autres préparations que nous avons essayées se composaient de gel pur d’aloe vera, péroxide de benzoyl et de camphre. La coiffeuse de Terri a suggéré le gel d’aloe vera comme crème traitante pour appaiser et protéger la peau du crâne après le rasage. Elle a également essayé un produit à base de lanoline, mais cela a provoqué une intense démangeaison dans la demie-heure qui a suivi son application, alors que l’aloe vera semble aider à réduire les démangeaisons restantes. Le péroxide de benzoyl marche très bien pour une démangeaison bien délimitée où il y avait également inflammation et enflement, mais il a tendance à dessécher la peau et à déteindre la repousse des cheveux. (En passant, j’ai remarqué que le péroxide de benzoyl a stoppé, en une semaine, mon propre combat d’une année contre la manie du grattage). Avec plus d’expérimentations, nous avons trouvé que l’essence de camphre appliqué en surface soulageait les démangeaisons pendant plusieurs heures sans effets indésirables. Le camphre est également une composante de certains astringents, dont Sea Breeze, que nous avons trouvé utile et assez doux pour une application quotidienne.
J’ai fait, ce que je crois être une découverte de taille, lorsque Terri se faisait régulièrement raser la tête. Pour alléger le phénomène de “brillance” que ma fille n’aimait pas, la coiffeuse lui faisait un masque à base d’argile, composé principalement de bentonite, pour aider à absorber l’excès d’huile. Au fur et à mesure que l’eau s’évapore de l’argile, des zones sombres de contraste apparaissent en proportion de la quantité d’huile qui a été absorbée. (Nous avons ensuite trouvé une étude clinique officielle dans laquelle il est fait mention de l’utilisation de l’argile bentonite dans la collecte de sébum chez les patients.) Un phénomène incroyable a commencé à faire surface. Terri ne s’attaque qu’à des endroits bien spécifiques qui présentent une intense sensation de démangeaison. Après avoir rasé sa tête avec un rasoir de barbier, on ne pouvait plus distingué ces endroits du reste de sa tête. Mais les zones sombres de contraste du masque d’argile délimitaient parfaitement ces “points chauds” qui était autrement invisible sur son cuir chevelu – même quand ils étaient examinés à la loupe par une dermatologue réputé. Je crois que c’est une démonstration physique de la corrélation entre les points chauds et l’excès de sébum, présent même six mois après l’interruption de toute impulsion dépilatoire.
Dans une tentative de simuler mes observations faites avec Terri, et dans le but de faire une enquête préliminaire d’une possible cause biologique, j’ai fabriqué des kits, pour quelques-uns des mes amis du réseau internet TTM, avec de nombreuses préparations disponibles sans ordonnance médicale et des produits pour la peau. On pouvait y trouver le savon Cuticura, ainsi que d’autres savons que nous avions utilisés. Egalement inclus se trouvaient un triple antibiotic, un léger stéroïd anti-inflammatoire (hydrocortisone), un anti-histamine (diphenhydramine), de même qu’un produit contre la candidose (nitrate de miconazole). Seule une fiche de mise en garde était fournis ainsi que les instructions pour pouvoir utiliser tous les produits et ainsi pouvoir décider lesquels seraient les meilleurs. Au moins la moitié de ceux qui ont reçu les kits ne faisait pas partie du remailer de John et n’avait jamais entendu parlé d’une éventuelle recherche sur une connection biologique possible avec le TTM.
L’antiseptique Cuticura était de loin l’agent nettoyant préféré par rapport aux savons similaire n’ayant pas d’antiseptique.L’astringent Sea Breeze, pour les applications générales et l’essence de camphre pour les traitements de points chauds, fûrent également signalés pour avoir été très utiles. La pommade antibiotique ainsi que la pommade anti-histaminique sembleraient n’avoir eu aucun effet. Par contre, l’agent surprenamment efficace, largement et independamment signalé pour soulager les démangeaisons fût la crème anti-fongique à base de nitrate de micanazole (2%).
A partir de là, je peux désormais recommander un programe specifique de nettoyage, massage et traitement des cheveux, de la peau, et du cuir chevelu. Le programme complet est disponible sur demande écrite (cela serait trop long à expliquer). Nous avons une théorie quant au lien entre l’inhabituelle collection de “bons” et “mauvais” traitements de peaux, ainsi que leur relation avec les “bons” et “mauvais” aliments et produits chimiques que nous expliquerons en détails plus loin. J’ai eu le privilège de démontrer ces techniques aux deux derniers ateliers du TLC et je souhaiterais d’ailleurs remercier ces personnes qui y ont participé. Ils ont été une aide précieuse pour notre propre compréhension et par là-même ont fait de cette lettre ce qu’elle est. J’aimerais également remercier Jo Ann, notre coiffeur de famille et surtout ma fille Terri pour sa patience, sa compréhension et son courage.
4) Une théorie possible de quelques TTM (nous
écrivons)
En rassemblant toutes ces remarques, nous supposons que quelques personnes s’arrachent leurs poils à cause d’une irritation locale résultant d’éléments chimiques introduits dans le sébum par un micro-organisme vivant sur la peau elle-même. Plus spécifiquement, nous supposons (qu’à peu près 60%) du tiraillement des cheveux est aggravé ou est le résultat d’une réaction allergique locale aux enzymes et/ou aux alcools gras produits par un champignon bénin qui vit sur la peau, appelé Malassezia. Pratiquement tout le monde a des traces de ce champignon, surtout dans les poils de cils, sourcils, et le cuir chevelu. Mais dans le cas d’une personne souffrant d’une manie dépilatoire, il semblerait que le système immunitaire réagit plus violemment à sa présence dans le corps; dès lors une manie dépilatoire serait assimilable à un éternuement: le corps essaie de se débarrasser d’un allergène.
Ce qui établit le lien entre toutes les “mauvaises” choses est que les aliments à proscrire sont reconnus par la science pour leur rôle bénéfique dans la croissance de ce champignon et le rôle des “mauvaises” composantes chimiques a été scientifiquement démontré comme étant une cause de réactions allergiques. A l’opposé, les aliments à recommander interviennent dans le processus d’élimination, ou d’inhibition de ce champignon, de ses enzymes ou encore de la production de dérivés chimiques.
Nous pouvons fournir plus de détails sur cette théorie, sur demande écrite. Par exemple, le sucre est un aliment très favorable à la croissance de tous les champignons (y compris, les différentes bactéries à l’origine de mycoses vaginales), mais le fructose, quelque peu différent du sucre universel et qui ne semble pas poser de problèmes pour les arracheurs de cheveux/poils, n’est pas un aliment favorable à la croissance des mycoses. Les aliments riches en stéroles, qu’il s’agisse du cholestérol présent dans les graisses animales tels que le jaune d’oeuf, la vitamine D lié aux stéroles présent dans le lait enrichi ou encore le thon, ou les phytostéroles présents dans des aliments d’origine végétale tels que les légumineux, les chercheurs pensent qu’il peut s’agir de signaux de croissance pour la mycose qui nous intéresse ici. Pareillement, il y a des liens entre d’autres aliments et substances chimiques et la santé et le cycle de vie de ces bactéries. L’un d’entre nous, Mike, a même fait sa propre culture de Malassezia et a constaté que leur aliment préféré était l’huile provenant de cacahuètes fraîchement pressées.
De plus, le degré d’irritation provoqué par des produits après-shampooing contenant des alcools gras, le “point chaud” de la manie dépilatoire, la progression lente des ces points chauds sur la peau, la surproduction localisée de sébum, le soulagement ressenti par les masques d’argile, l’efficacité des shampooings antibactériels et antimycosiques, et l’action apaisante des massages prolongés extracteurs de sébum à l’aide de serviettes chaudes; tous rejoignent la théorie de la réponse allergique localisée à un organisme infectieux. Selon cette perspective, les linges chauds, les savons avec un pH élevé et le rasage pourraient bien éliminer à la fois l’organisme et le sébum dont il se nourrit, ce qu’un rasoir électrique ne peut accomplir. Même la récurrence progressive du sentiment de démangeaison après environ quatre jours correspond au temps de reproduction des bactéries.
Par ailleurs, le propylène glycolique à la base des gels d’aloe vera est connu pour ses vertus éliminatrices de mycoses (de même que la lumière du soleil et le péroxide de benzoyl), alors que la problématique lanoline est un ensemble de stéroles stimulant la croissance de mycoses et d’alcools gras irritants.
Nous pensons que cette théorie peut aider à expliquer pourquoi la manie dépilatoire s’aggrave pendant la période prémenstruelle, lors de la montée du progestérone, un stérole reconnu pour ses vertus stimulatrices dans la croissance des mycoses. Sur le pourquoi l’arrachage des cheuveux/poils est pour la plupart du temps sans douleur et souvent accompli dans un état second, la science a découvert que cette bactérie de la peau produit une substance chimique aux propriétés anesthésiantes, appelée héxanole. (De toute façon, les personnes souffrant d’autres mycoses se gratte sans arrêt, parfois jusqu’au sang, mais y trouvant un certain plaisir). Et sur le pourquoi la manie dépilatoire débute généralement à l’adolescence: c’est le moment où les glandes sébacées fournissent le terrain idéal pour la croissance de ces mycoses. Sur le pourquoi la manie dépilatoire est chronique: cette bactérie est généralement difficile à contrôler et d’autres désordres y relatifs sont chroniques; dans tous les cas, la plupart des allergies sont également chroniques.
Nous pensons que cette théorie fournit un élément de réponse dans la chasse à la “racine grasse”, qui semble obséder les arracheurs de cheveux/poils: les micro-organismes de la peau peuvent transformer le sébum mou en un bouchon de “cire” qui est facile à reconnaître par des doigts explorateurs. (Nous avons décourvert que des personnes qui ne souffraient pas d’une manie dépilatoire pouvaient également les trouver, mais sans pour autant que cela les rendent dingues.) Nous pensons que cette théorie peut aider à expliquer pourquoi de fortes doses d’inhibiteurs reuptake spécifiques à la sérotonine (tels que le Prozac) semblent nécessaires dans le traitement de la TTM: il se pourrait qu’ils agissent comme une chimiothérapie, éprouvant le corps tout en surchargeant de manière fatale le processus de digestion des bactéries (techniquement, les “enzymes cytochrome P450”, que le corps humain utilise également pour se débarrasser des SSRI). Nous irons jusqu’à avancer que la manie dépilatoire et les animaux poilus semblent aller de paire car les micro-organismes impliqués peuvent passer d’humains à chiens ou chats; quelques personnes ont effectivement trouvé un certain répit simplement en prenant garde de régulièrement se laver les mains et les paupières.
5)
Pour plus de renseignements
Si vous avez accès à Internet, un bon moyen d’explorer ces observations sur l’alimentation et les soins dermatologiques serait de s’inscrire au remailer (envoyer un courrier électronique à jrk@cs.columbia.edu), ou en visionant le site web d’Amanda (http://home.intekom.com/jly2/). Les auteurs peuvent être contactés à jrk@cs.columbia.edu ou TTMParents@aol.com. Sinon, envoyez une enveloppe timbrée adressée à votre nom à l’une des adresses suivantes:
John R. Kender M. J. Grant
169 Ames Ave. P.O. Box 2825
Leonia, NJ 07605 St. Louis, MO 63118
USA USA
6)
Une importante réserve finale
Veuillez prendre note que nous rapportons simplement nos observations et nos conclusions. Nous n’offrons pas de conseils médicaux. Nous ne pouvons garantir des résultats, ou même la sûreté des ces procédés. Il est important que vous consultiez votre médecin avant toute expérimentation. Et, s’il vous plaît, faîtes-nous part de vos résultats, pour que nous puissions maintenir un certain degré de sécurité et les partager avec d’autres arracheurs de cheveux/poils.
URL: http://www.irishlace.net/trichlibrary/research/foodandskincare.html
Derniers changements à la bibliothèque de la trichotillomanie effectués le 13 octobre 1999
Contact: hair@irishlace.net
Droits d’auteur réservés 1999.
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Traduit d’anglais par Malia Ukishima (Malia_Ukishima@yahoo.com)
Traduction gérée par Noelani Yuen (Libellule@hawaii.rr.com)
Derniers changements de la traduction effectués le 7 novembre 2002
URL du TLC (Trichotillomania Learning Center) en anglais: http://www.trich.org
L’histoire de Noelani en français: http://home.hawaii.rr.com/noelani/trichotillomanie.htm